13 mai 2018

Cathi Unsworth, du punk au Blitz en passant par la magie noire

Cathi Unsworth fait partie des auteures les plus singulières et les plus attachantes de la littérature anglaise. Ex-journaliste dans la presse musicale, ses premiers romans sont marqués par ce milieu et les êtres peu ordinaires qui le peuplent. Adoubée par la "crème de la crème" de la littérature noire du Royaume-Uni (Ken Bruen, Robin Cook et David Peace), elle commence sa carrière de romancière en 2005 avec The Not Knowing (Au risque de se perdre, voir chronique ici ) et, d'emblée, fait la preuve de son sens dramatique et de son talent de créatrice de personnages inoubliables. Mais c'est probablement grâce à sa capacité à évoquer le Londres du début des années 90, ses lieux et ses ambiances, qu'elle forge sa réputation.

4 mai 2018

Anne Bourrel, "Le dernier invité" : le beau mariage...

Nous ne connaîtrons pas le prénom de l'héroïne d'Anne Bourrel avant la fin du roman. Jusque-là, elle sera "la Petite", comme chez Colette. Sauf que cette petite-là a 37 ans, même si elle en fait 10 de moins, avec ses cheveux rouges et ses tatouages... La petite vit avec son compagnon depuis plusieurs années dans une villa confortable du lotissement, à l'orée de ce village du sud, d'où on voit la mer. La Petite aime nager, courir, le soleil, la garrigue, et son compagnon. La Petite déteste l'odeur des bergamotiers que l'Italien, Gianni, a plantés partout sur le terrain qu'il a racheté à la famille de la Petite en même temps que l'ancien domaine... Elle déteste leurs fleurs blanches, envahissantes, leur odeur écœurante.

23 avril 2018

Chris Dolan, "Une femme infréquentable" : Glasgow, ville monde

Vous n'allez pas le croire... Voici un nouvel auteur de polar écossais. Pas vraiment un débutant, puisque Chris Dolan a déjà écrit plusieurs romans, ainsi que de nombreux épisodes de la légendaire série policière Taggart, qui battit tous les records de longévité (1985 - 2010). Une série qui se déroulait... à Glasgow bien sûr. Néanmoins, Une femme infréquentable est son premier roman policier, et il y a mis à profit tout son savoir-faire de romancier et de scénariste.

Nous sommes donc à Glasgow, de nos jours. Maddy Shannon, substitut du procureur, vient de débarquer sur les lieux du crime, perchée sur des talons hauts qui s'enfoncent dans l'herbe humide de Kelvingrove Park, boudinée dans sa jupe trop courte et trop serrée... Il faut dire que sa nuit a été courte et peu réparatrice. 

19 avril 2018

Valerio Varesi, l'interview en roue libre autour des "Ombres de Montelupo"


Valerio Varesi vient de publier en France la troisième enquête du commissaire Soneri, Les ombres de Montelupo (voir chronique ici). Au lendemain de sa participation à Quais du polar, il était de passage à Paris pour rencontrer ses lecteurs à la Librairie de Paris. L'occasion de l'attraper au vol et de lui poser quelques questions. Un grand merci à lui d'avoir pris la peine de répondre en un français parfait, modulé de son musical accent italien.

15 avril 2018

Alan Parks, l'interview en roue libre

Avec Janvier noir, son premier roman qui se déroule à Glasgow dans les années 70 (voir la chronique ici), Alan Parks semble bien faire l'unanimité. Il était présent à Quais du polar, c'était donc le moment ou jamais de faire plus ample connaissance. L'homme est étonnamment truculent et drôle, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre de l'auteur d'un roman très noir, très violent... et très réussi.

Janvier noir est donc votre premier roman.
Oui. Je suis rentré à Glasgow il y a 5 ou 6 ans, et j'ai pris des cours du soir sur l'histoire de Glasgow. Dans ce cadre, je me suis baladé dans la ville, et j'ai retrouvé avec émotion des lieux que j'avais connus quand j'étais petit. Au départ, j'avais dans l'idée d'écrire un livre sur l'histoire de Glasgow.  Et je me suis vite rendu compte que c'était trop difficile. Alors je me suis mis à écrire en incluant les lieux que j'avais connus, ceux qui existaient encore, ceux qui n'existaient plus, et j'ai construit mon histoire à partir de ça. 

Jérôme Leroy, "La Petite Gauloise" : dystopie or not dystopie ?

C'est à travers ses nouvelles que j'ai fait la connaissance de Jérôme Leroy, il y a... quelques années. Le recueil s'appelait Une si douce apocalypse (voir la chronique ici, si vous êtes curieux) et c'est lui qui a déclenché un attachement qui ne s'est jamais démenti, avec les romans de la Série noire (Le Bloc et L'Ange gardien), ceux parus à la Table Ronde (Jugan, Un peu tard dans la saison) et bon nombre d'incursions dans la bibliographie antérieure de l'auteur. C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai ouvert cette novella. L'homme surgit là où on ne l'attend pas toujours - en littérature jeunesse, en "ressuscitateur" de Léo Malet, en redécouvreur de talents oubliés. 

Fidèle à lui-même mais jamais là où l'attend, voilà qui le définit parfaitement. Fidèle à lui-même, Jérôme Leroy l'est plus que jamais avec La Petite Gauloise : récit tout juste dystopique, lieu à peine imaginaire... La ville  - un port de l'ouest en état de désastre économique - dont il est question est dirigée par une équipe du Bloc patriotique. Vous frémissez ? Vous avez raison, car La Petite Gauloise commence sur les chapeaux de roue par une magnifique bavure : l'élimination par le brigadier Richard Garcia, de la police municipale, du capitaine Mokrane Méguelati, de l'antenne régionale de la DGSI. Une balle de calibre 12 en pleine tête, ça ne pardonne pas. Il faut dire que l'heure est à l'inquiétude, voire à la paranoïa, dans la ville portuaire de l'ouest. Terrorisme, islamisme, taux de chômage galopant, dealers dans les halls d'immeubles : tous les ingrédients sont là pour créer une atmosphère pour le moins délétère, tout est réuni pour favoriser l'arrivée à la mairie du Bloc patriotique.

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